Résumé
Au carrefour de l’ingénierie des transports et de la sociologie urbaine, cette thèse décrypte les interactions entre mobilités quotidiennes et inégalités sociales, ce que je
qualifie de « mécanique sociale des mobilités ». Je m’appuie pour cela sur une double enquête, quantitative et qualitative, menée au sein de trois espaces frontaliers de la
zone Schengen. Cette configuration géographique originale, caractérisée par la rencontre locale de plusieurs structures nationales, me permet de mettre en exergue
certains ressorts des inégalités de mobilités quotidiennes. Pour les aborder, je m’appuie sur trois méthodes qui correspondent chacune à un programme de recherche
sociologique à propos des mobilités quotidiennes. Dans un premier temps, je recours à des analyses des correspondances multiples pour montrer que les mobilités
quotidiennes se distribuent au sein d’espaces sociaux localisés et hiérarchisés. Dans un second temps, j’opérationnalise le concept de disposition à l’aide de variables latentes
afin de déceler le rôle d’opinions « pro-transfrontalier » sur les mobilités quotidiennes à destination du pays voisin. Dans un troisième temps, la littérature sur la politisation
des mobilités quotidiennes me conduit à étudier, à partir d’une enquête par entretiens, une controverse autour d’une infrastructure autoroutière où deux associations
revendiquent des « bonnes manières » concurrentes de se déplacer.
Ces trois étapes me permettent de définir quatre mécanismes responsables des inégalités de mobilités quotidiennes. Premièrement, « l’impulsion » décrit l’effet des
mobilités spatiales passées sur le rapport présent à la mobilité quotidienne des individus. Deuxièmement, « l’inertie » caractérise le poids des structures sociales qui
s’exerce sur les individus dans la mise en œuvre de leurs mobilités quotidiennes. Troisièmement, « l’entropie » représente le processus relationnel de différenciation des
rapports individuels à la mobilité quotidienne au sein d’un espace social donné. Quatrièmement, la « réfraction » mesure le changement de valeur relative des capitaux
détenus par les individus lors du passage entre deux espaces géographiques séparés par un seuil important. Mis bout à bout, ces mécanismes expliquent la spécialisation
sociale des mobilités quotidiennes observée au sein des espaces frontaliers.
La thèse apporte d’abord des résultats inédits au champ des Border Studies, en montrant comment des espaces de circulations socialement homogènes se forment sous la combinaison des politiques d’intégration et des différentiels frontaliers. En répliquant la « mécanique sociale des mobilités », la thèse contribue ensuite à éclairer les inégalités
intrinsèques des mobilités quotidiennes, en décalage avec les propositions du mobility turn. Enfin, la thèse ouvre des perspectives méthodologiques interdisciplinaires en
croisant les outils de la sociologie quantitative, de la socioéconomie des transports et de l’enquête de terrain.
qualifie de « mécanique sociale des mobilités ». Je m’appuie pour cela sur une double enquête, quantitative et qualitative, menée au sein de trois espaces frontaliers de la
zone Schengen. Cette configuration géographique originale, caractérisée par la rencontre locale de plusieurs structures nationales, me permet de mettre en exergue
certains ressorts des inégalités de mobilités quotidiennes. Pour les aborder, je m’appuie sur trois méthodes qui correspondent chacune à un programme de recherche
sociologique à propos des mobilités quotidiennes. Dans un premier temps, je recours à des analyses des correspondances multiples pour montrer que les mobilités
quotidiennes se distribuent au sein d’espaces sociaux localisés et hiérarchisés. Dans un second temps, j’opérationnalise le concept de disposition à l’aide de variables latentes
afin de déceler le rôle d’opinions « pro-transfrontalier » sur les mobilités quotidiennes à destination du pays voisin. Dans un troisième temps, la littérature sur la politisation
des mobilités quotidiennes me conduit à étudier, à partir d’une enquête par entretiens, une controverse autour d’une infrastructure autoroutière où deux associations
revendiquent des « bonnes manières » concurrentes de se déplacer.
Ces trois étapes me permettent de définir quatre mécanismes responsables des inégalités de mobilités quotidiennes. Premièrement, « l’impulsion » décrit l’effet des
mobilités spatiales passées sur le rapport présent à la mobilité quotidienne des individus. Deuxièmement, « l’inertie » caractérise le poids des structures sociales qui
s’exerce sur les individus dans la mise en œuvre de leurs mobilités quotidiennes. Troisièmement, « l’entropie » représente le processus relationnel de différenciation des
rapports individuels à la mobilité quotidienne au sein d’un espace social donné. Quatrièmement, la « réfraction » mesure le changement de valeur relative des capitaux
détenus par les individus lors du passage entre deux espaces géographiques séparés par un seuil important. Mis bout à bout, ces mécanismes expliquent la spécialisation
sociale des mobilités quotidiennes observée au sein des espaces frontaliers.
La thèse apporte d’abord des résultats inédits au champ des Border Studies, en montrant comment des espaces de circulations socialement homogènes se forment sous la combinaison des politiques d’intégration et des différentiels frontaliers. En répliquant la « mécanique sociale des mobilités », la thèse contribue ensuite à éclairer les inégalités
intrinsèques des mobilités quotidiennes, en décalage avec les propositions du mobility turn. Enfin, la thèse ouvre des perspectives méthodologiques interdisciplinaires en
croisant les outils de la sociologie quantitative, de la socioéconomie des transports et de l’enquête de terrain.
| langue originale | Français |
|---|---|
| L'institution diplômante |
|
| Superviseur(s)/conseiller |
|
| la date de réponse | 23 juin 2023 |
| Les DOIs | |
| état | Publié - 2023 |
| Modification externe | Oui |
mots-clés
- Mobilités quotidiennes
- Inégalités sociales
- Espaces frontaliers
- Sociologie quantitative
- Méthodes mixtes
Contient cette citation
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